Module 5 – Travailler avec les femmes victimes et leurs enfants

Bienvenue ! A la fin de ce module, vous aurez amélioré vos connaissances et vos compétences dans les domaines suivants :

  1. Comprendre les obstacles au signalement : les défis auxquels les femmes sont confrontées lorsqu’elles signalent des actes de violence sexiste et la manière de leur faciliter la tâche.
  2. Approches sensibles aux traumatismes : reconnaître les effets émotionnels de la violence et utiliser des méthodes de soutien pour éviter de causer d’autres préjudices lors de la collecte d’informations.
  3. Soutenir les différents besoins des victimes : comment adapter votre approche pour aider différents groupes, comme les jeunes, les adultes plus âgés, les femmes migrantes ou les personnes avec handicap.

Principales considérations à prendre en compte à chaque étape du processus d'enquête

Réception de la plainte

Obstacles à la dénonciation de la violence domestique

Syndrome de stress post-traumatique

Éviter la “revictimisation”

Protection des dénonciateurs et mise en œuvre de mesures de protection

Besoins en fonction des différents profils de victimes

Besoins des différents groupes d’âge

Victimes souffrant de handicaps intellectuels

Victimes migrantes

Victimes ayant des enfants mineurs

Victimes résidant dans des localités de petite taille et/ou rurales

Réintroduction de la violence fondée sur le genre (VFG)

La violence fondée sur le genre fait référence à la violence dirigée contre une personne en raison de son sexe/genre ou qui affecte de manière disproportionnée les individus d’un sexe/genre particulier. Alors que la violence domestique (VD) se produit dans le cadre de relations familiales ou intimes, la VFG englobe toutes les formes de violence enracinées dans une dynamique de pouvoir inégale, y compris la violence en dehors du cadre domestique.

Pourquoi mettre l’accent sur la VFG dans ce module ?

Une perspective plus large

Ce module met en évidence la manière dont la VFG affecte les femmes au-delà de la sphère domestique, en insistant sur les besoins spécifiques des victimes en fonction de leur âge, de leur handicap, de leur statut migratoire ou d'autres facteurs de vulnérabilité.

Intersectionnalité de la violence

L'utilisation du terme VFG nous permet d'aborder des facteurs qui se recoupent - tels que les normes sociétales, la dépendance économique ou les barrières systémiques - et qui influencent les expériences et les réponses des victimes.

Améliorer les réponses de la police

Comprendre la VFG permet à la police de mieux reconnaître les diverses formes d'abus et d'y répondre, en veillant à ce que toutes les victimes soient traitées avec empathie et professionnalisme.

Réception des plaintes pour VFG

Un pourcentage élevé de femmes ont déclaré qu’elles regrettaient d’avoir porté plainte et qu’elles n’oseraient plus le faire à l’avenir.

Elles ont également expliqué que si une femme de leur entourage leur demandait conseil, elleslui conseilleraient de ne pas porter plainte.

  • Le traumatisme, le choc & la détresse émotionnelle associés à cette violence peuvent entraver leur capacité à réagir avec précision.
  • Dans le cas de ces victimes, ces sentiments sont souvent amplifiés, car elles ne réagissent pas à un événement soudain, mais à des mauvais traitements continus pendant des semaines, des mois ou des années.
  • Elles sont souvent confrontées à un ensemble complexe de problèmes physiques & émotionnels qui peuvent réduire la précision de leur témoignage, ce qui complique le travail de la police.
  • De plus, si les agent·e·s ne prennent pas encompte ces facteurs à chaque étape de l’enquête, ils et elles risquent de traumatiser à nouveau les victimes.
Comme mentionné ci-dessus, cette formation rassemble les expériences de femmes issues de différents pays européens. Dans certains contextes, certaines pratiques telles que celle-ci peuvent être en dehors des protocoles nationaux, mais nous pensons que le fait de les partager peut être enrichissant pour comprendre comment la violence basée sur le genre est abordée au niveau mondial.

Obstacles à la déclaration de la VFG

Une caractéristique commune de la VFG est que les abus se poursuivent sur de longues périodes.

~ 0 ans

Le temps pour qu’une femme dénonce un abus en Espagne

Les principales raisons sont les suivantes :

Les facteurs socio-économiques : Comme la dépendance économique ou la présence d’enfants.

Psychologique-émotionnel : peur des conséquences, manipulation par l’agresseur (“ellele mérite”), sentiment de désespoir ou de dépression.

Risque physique : Dans les cas les plus extrêmes, la victime peut mettre sa vie ou celle de ses enfants en danger en dénonçant l’abus.

Il est essentiel que la police réduise autant que possible les obstacles susceptibles d’empêcher une victime de porter plainte.

Les victimes indiquent souvent qu’il existe de multiples obstacles qui les empêchent de le faire :

  • Le peu de temps dont elles disposent pour déposer une plainte avant de courir le risque d’être découvertes par l’agresseur.
  • Les ressources limitées des petits postes de police peuvent conduire les agent·e·s à demander aux femmes de revenir plus tard par manque de temps ou de personnel.
  • En raison de facteurs psychologiques ou autres, le processus de signalement peut être long, ce qui peut conduire les agent·e·s à la décourager de le faire.
  • Les préjugés ou les incompréhensions des agent·e·s concernant le comportement de la victime peuvent les amener à juger cette dernière (par exemple, reprocher à la victime de « ne pas être partie » ou « pourquoi ne l’a-t-elle pas signalée plus tôt »).

« Le policier qui s’est occupé de moi m’a dit que cela ne mènerait nulle part, que j’allais rester là pendant quatre heures, que je devais le signaler ou partir ». 

Survivante de VGF

  • Données extraites de : “’Estudio sobre el tiempo que tardan las mujeres víctimas de violencia de género en verbalizar su situación”’ (Étude sur le temps que mettent les femmes victimes de violence de genre à verbaliser leur situation). Délégation gouvernementale pour la violence à l’égard des femmes”.
  • Les femmes portent généralement plainte lorsqu’elles sont déjà dans un état de désespoir extrême, lorsqu’elles n’en peuvent plus.

Syndrome de stress post-traumatique (SSPT) & VFG

Le SSPT est un trouble psychologique qui affectela santé mentale et physique.

Il est fréquent chez les femmes qui ont subi des violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles. Le SSPT est souvent sous-diagnostiqué & parfois confondu avec des troubles tels que la dépression.

Les principaux symptômes sont généralement les suivants :

  • Souvenirs intrusifs, reviviscence du traumatisme.
  • Évitement de tous les rappels de l’événement traumatique.
  • Changements négatifs de l’humeur, problèmes de mémoire (perceptions déformées, sentiments de culpabilité, de honte, éloignement des amis ou de la famille…).
  • Changements dans les réactions physiques et émotionnelles (vigilance, difficultés à dormir ou à se concentrer, irritabilité, sursauts, comportement autodestructeur…).

Ces symptômes reflètent le lourd tribut émotionnel & psychologique que les victimes subissent, exacerbant leur vulnérabilité et entravant leur rétablissement. Ces symptômes peuvent également compliquer les enquêtes policières.

  • Pour plus d’informations : Guerrero-Vaca, Darío ; García-Ramos, Carolina ; De los Ángeles, Peñafiel ; Flores-Fernández, Verónica (2021) ”Trastorno de estrés postraumático en mujeres víctimas de violencia. A review. Revista Científica Dominio de las Ciencias.
  • La psychothérapie est le traitement le plus couramment utilisé et se concentre généralement sur la restructuration cognitive pour surmonter l’événement traumatique. Des traitements pharmacologiques sont également utilisés, en particulier les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).
  • Les séquelles du syndrome de stress post-traumatique peuvent être durables, et une proportion importante de victimes continue à éprouver des souvenirs vifs ou des flashbacks de leur(s) événement(s) traumatisant(s) longtemps après l’expérience.

Traitement des blessures physiques

Si des blessures sont identifiées (par l’agent·e ou la victime potentielle de VFG) :

  • Vous devez vous rendre dans les services de santé le plus tôt possible, afin d’éviter que l’origine des blessures à l’origine de la plainte ne soit remise en question.
  • Cette démarche doit être effectuée avant le dépôt du rapport de police, afin que le rapport de blessures du centre de santé puisse être inclus dans le rapport de police.
  • Si les blessures et/ou l’état émotionnel de la femme sont graves, la victime doit être accompagnée par un·e policier·ère.
  • Bien que le renvoi par la police soit courant, il est important de rappeler que la collaboration avec les services de santé est également essentielle.
  • Un rapport photographique des blessures doit être pris et joint à la plainte.

Réception de la plainte

Idéalement, les victimes devraient être mises en contact avec deux types de services :

Un·e professionnel·le ayant reçu une formation spécifique sur les traumatismes (travailleur·se social·e, psychologue, etc.) qui peut rencontrer la victime au préalable pour la préparer émotionnellement/ psychologiquement au processus.

Un·e avocat·e spécialisé·e dans la VFG pour fournir des informations sur le fonctionnement de la plainte, la possibilité de demander une ordonnance restrictive, ainsi que ce à quoi la victime peut s’attendre, au niveau de la police et de la justice, après le dépôt de la plainte.

En outre, il est important pour l’agent·e de :

  • Donner au plaignant des instructions détaillées sur la manière de structurer la plainte pour qu’elle soit efficace.
  • Veillez à ce que la plaignante soit en mesure de raconter l’histoire de la violence avec précision, de sorte que la durée, la gravité et la fréquence des abus soient décrites de son point de vue. Il est important qu’elle décrive toute l’histoire de la violence, et pas seulement des événements ponctuels.
  • Soyez patient·e & compréhensif·ve, donnez-lui le temps d’absorber le choc, le traumatisme et le stress qu’elle a subis.
  • Expliquer à la victime l’escalade de la violence et l’évolution du niveau de risque qui peuvent survenir d’un moment à l’autre, tout en lui donnant des consignes de sécurité personnalisées.
  • En Espagne par exemple, actuellement, si une femme le demande, elle peut être assistée par un avocat commis d’office, mais celui-ci met beaucoup de temps à arriver, si bien que dans de nombreux cas, elles y renoncent, car elles courent des risques si elles attendent pour déposer une plainte. L’aide juridique gratuite doit être rapide et spécialisée.
  • Pour cela, des mécanismes d’orientation doivent être mis en place, soit de manière systématique, soit au niveau individuel (par exemple, un officier de police oriente vers un travailleur social ou un avocat travaillant pour un centre d’hébergement local).

« Chaque fois que je suis allée à la police, j’en suis toujours ressortie en pleurant, avec le sentiment qu’ils ne me croyaient pas ».

Survivante de la VFG

Certaines des femmes interrogées ont déclaré avoir été surprises de lire les informations contenues dans la plainte à l’extérieur du poste de police.

Cela peut provoquer une grande détresse.

  • Les agent·e·s doivent toujours garder à l’esprit que la situation de la femme et l’impact de ce qu’elle a vécu peuvent entraîner une certaine confusion, voire des trous de mémoire. Elle peut également minimiser ce qu’il s’est passé ou omettre des faits par peur, sous la menace ou parce qu’elle est en état de choc.
  • La police doit recueillir et joindre au rapport toutes les preuves que la victime peut fournir, qu’il s’agisse de preuves physiques ou numériques, de témoignages ou d’images.
  • Toutes les personnes susceptibles de détenir des informations, des preuves ou des connaissances sur les violences commises doivent être identifiées dans le rapport, afin que l’histoire ne repose pas uniquement sur la victime.
  • Le motif de la plainte ne doit jamais être minimisé et la prise de décision des femmes ne doit pas être jugée.
  • La victime & l’agresseur ne doivent jamais se voir ni s’entendre.
  • La victime peut être accompagnée d’une personne de confiance pendant la préparation de la plainte.
  1. Il faut éviter non seulement de faire pression sur la plaignante pour qu’elle termine le processus avant qu’elle ne se sente prête, mais aussi de lui demander de résumer une relation violente, qui peut avoir duré des années, à des faits récents et/ou concrets. Il est important que la femme soit également attentive au contexte, à la violence quotidienne, à ces attitudes violentes dans la vie de tous les jours qui n’ont peut-être pas été l’élément déclencheur de la plainte, mais qui signifient et doivent être comprises comme signifiant que la plaignante n’est pas victime d’un ou de plusieurs événements violents isolés, mais qu’elle demande de l’aide parce que sa vie de tous les jours se déroule dans un environnement dangereux.
  2. Les femmes disent fréquemment se sentir désemparées lorsqu’elles réalisent qu’au moment où elles portent plainte, elles sont incapables de se souvenir d’informations importantes, telles que les personnes avec lesquelles elles se trouvaient, le moment où cela s’est produit, ce qu’elles ont fait par la suite, etc.

 

LA DOCUMENTATION DE LA PLAINTE :

  • Les formulaires de plainte doivent être disponibles sur demande dans les commissariats de police.
  • Des options de dépôt de plainte en ligne doivent également être proposées.
  • Le numéro de badge de l’agent doit être visible ou au moins communiqué sur demande.
  • Avant de signer le rapport, la femme doit disposer de suffisamment de temps et, si nécessaire, d’une assistance juridique pour examiner en détail les informations recueillies par l’agent.
  • La victime doit également être informée de l’obligation des agents de signaler d’office, s’ils considèrent qu’il peut y avoir une violence fondée sur le genre, dans les situations dans lesquelles la femme décide de ne pas signaler après avoir parlé à l’agent de police.
  • Chaque plaignant doit recevoir une copie de la plainte signée.

Éviter la « revictimisation » lors des enquêtes sur la VFG

La revictimisation dans les enquêtes policières seproduit lorsqu’une victime d’un crime sensible ou traumatisant éprouve une détresse ou un traumatisme supplémentaire en raison du processus d’enquête. Cela peut se produire lorsqu’un·e policier·ère :

  • blâme la victime pour les abus qu’elle a subis ou pour ne pas les avoir signalés plus tôt.
  • minimise l’importance des mauvais traitements.
  • demande ou exige de la victime des détails obscurs inutiles.
  • Interroge la victime de manière agressive.
  • Ignore la possibilité qu’elle soit en état de choc post-traumatique.

« D’après ce que nous disent certaines femmes, lorsqu’elles décident de dénoncer leur partenaire ou ex-partenaire, elles se sentent souvent remises en question par les professionnel·le·s qui s’occupent d’elles, et certaines femmes se sont même vu conseiller de ne pas dénoncer ».

Professionnel d’une ONG spécialisé dans le travail avec les victimes.

Une façon de minimiser ce phénomène est d’utiliser des questions aussi standardisées que possible, en évitant les questions subjectives ou tendancieuses.

Conseiller les victimes après leur signalement

« Lorsque vous dénoncez votre agresseur, ce n’est pas la fin, mais le début d’une nouvelle épreuve. Psychologiquement, vous êtes en très mauvais état et vous avez besoin d’un soutien que vous ne trouvez souvent pas. Pourquoi ai-je porté plainte si je n’ai rien obtenu en fin de compte ? »

Survivante de la VFG

Il ne faut jamais supposer que la plaignante connaît la procédure à suivre après avoir porté plainte ou qu’elle sait ce qu’elle doit faire si elle a quitté son partenaire violent. La police doit fournir des directives écrites, dans un langage simple et facile à comprendre :

  • Expliquer étape par étape, la procédure de signalement et ce à quoi la femme peut s’attendre par la suite, en ce qui concerne la police et les tribunaux.
  • Fournir des informations sur les ressources de l’État, des régions et des localités, telles que les services de conseil, les services juridiques ou sociaux, ainsi que les associations d’aide aux victimes. Fournir des informations sur les ressources destinées aux enfants.
  • Décrire les mesures d’autoprotection personnalisées pour votre sécurité. Les fonctionnaires doivent également prêter attention à tout besoin particulier, tel que ceux liés à l’âge, à la langue, au handicap, à la situation familiale, etc.

Les responsables doivent également prêter attention à tout besoin particulier, tels que ceux liés à l’âge, à la langue, au handicap, aux circonstances familiales, etc.

Protection des dénonciateurs de violence

En Espagne, par exemple, les femmes reçoivent un plan de sécurité personnalisé. L’agent examine avec la femme ses besoins éventuels en matière d’autoprotection et le système génère automatiquement un document adapté à ses besoins : travaille-t-elle, a-t-elle des enfants, etc. ?

Ce plan d’autoprotection, s’il n’est pas examiné en détail par le policier et la femme, fait partie des documents qui lui sont remis, sans répercussions majeurs ou importance pour elle.

Mise en œuvre de mesures de protection

  • Le premier contact de suivi initié par l’officier de protection doit se faire en personne, si possible. Il convient de rappeler à la femme protégée les informations qui lui ont été fournies au moment de la plainte : les ressources disponibles, les mesures d’autoprotection, ainsi que les phases policières et judiciaires auxquelles elle devra participer.
  • En cas de risque, des mesures de protection policière doivent être assurées, même s’il n’existe pas d’ordonnance de protection judiciaire ou si celle-ci a expiré.
  • Il est fortement recommandé de communiquer à la femme le(s) numéro(s) de téléphone de son (ses) officier·ère(s) de protection.
  • Lorsqu’une plainte est déposée, la police doit appeler l’auteur pour lui rappeler que la victime est protégée et le cas échéant, les conditions de l’ordonnance de protection.
  • Le fait de voir des voitures de patrouille, ne serait-ce qu’occasionnellement, à proximité de son domicile, de son lieu de travail ou de l’école de ses enfants est souvent considéré comme un facteur de sécurité. 
  • Les officier·ère·s de protection ne doivent jamais minimiser un épisode signalé et doivent être sensibles au sentiment d’insécurité de la victime.

Femmes victimes âgées de 16 à 18 ans

Dans l’enquête macroéconomique de 2019 sur la violence à l’égard des femmes, une section spécifique est consacrée aux femmes âgées de 16 à 24 ans, car elles sont considérées comme particulièrement vulnérables.

Selon l’enquête, “la prévalence du harcèlement répété chez les femmes âgées de 16 à 24 ans est plus élevée que chez les femmes âgées de 25 ans et plus : 26,2 % en ont fait l’expérience à un moment donné et 13,0 % avant l’âge de 15 ans, contre 13,9 % et 2,6 %, respectivement, chez les femmes âgées de 25 ans et plus”.

Tous les domaines de soins doivent s’efforcer de faire prendre conscience que la violence fondée sur le genre est une violence à l’encontre des femmes simplement parce qu’elles sont des femmes, ce qui constitue un premier pas vers son identification et son éradication ultérieure.

Victimes âgées de plus de 65 ans

La macro-enquête sur la violence sexiste 2019 identifie également les femmes âgées comme un groupe particulièrement vulnérable.

Lorsqu’ils ont affaire à des femmes âgées, les agents doivent être conscients qu’ils peuvent très bien avoir affaire à une personne qui, après avoir subi des abus toute sa vie, a finalement pris la décision de les signaler. En fait, selon l’enquête, « les femmes âgées de 65 ans et plus ont beaucoup moins rompu une relation avec un ancien partenaire à la suite de violences (49,9 %) que les femmes âgées de 16 à 64 ans (81,4 %) ».

Le processus peut être particulièrement difficile et solitaire dans ces cas, en raison de la tendance de ce groupe d’âge à ne pas partager les violences subies. Selon la macro-enquête de 2019, ”les femmes âgées ont moins parlé à leur entourage des violences subies que les autres femmes : 54,5% des femmes de 65 ans et plus ont parlé à leur entourage des violences subies par l’un de leurs partenaires contre 81,3% des femmes de 16 à 64 ans ayant subi des violences de genre”.

Victimes présentant des déficiences intellectuelles

La prévalence de la VFG est de

~ 0 %

plus élevé chez les femmes souffrant d’un handicap reconnu que chez les femmes non handicapées

Intersectionnalité : Les femmes handicapées mentales sont confrontées à une double discrimination, en raison de leur sexe et de leur handicap, ce qui peut conduire à des discriminations multiples si d’autres facteurs tels que le chômage, la pauvreté ou l’appartenance ethnique viennent s’y ajouter.

Facilité de lecture et explications en langage clair. L’accessibilité cognitive, la compréhension de l’information, est essentielle pour que les femmes souffrant de déficiences intellectuelles puissent prendre des décisions par elles-mêmes.

Il est conseillé de demander le soutien d’organisations spécialisées dans la lutte contre la VFG & le handicap pour le processus de déclaration et les étapes suivantes du processus.

Women, disability and gender violence. Government Delegation against Gender Violence.

 

Selon la macro-enquête sur la violence à l’égard des femmes 2019 (DGVG, 2020), 20,7 % des femmes ayant un handicap reconnu ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire, contre 13,8 % des femmes n’ayant pas de handicap reconnu.

Victimes migrantes

Victimes avec enfants mineurs

Les agent·e·s doivent tenir compte de la sécuritédes enfants de la victime et de la femme elle-même. Quant aux mesures de protection, elles devraient être étendues aux enfants de la plaignante, qu’il y ait ou non une ordonnance restrictive. Des questions telles que l’accompagnement à l’école sont régulièrement demandées par les victimes.

Il est de la plus haute importance que les femmes victimes soient informées, au moment de la déclaration, des services où elles peuvent accompagner leurs enfants pour bénéficier d’un soutien psychologique.

« Nous considérons les enfants comme des victimes directes de la violence sexiste. À cetitre, nous leur donnons la priorité dans la priseen charge aux côtés de leurs mères ».

Professionnel d’une association travaillant avec les victimes de la VFG.

Fournir aux enfants un soutien psychologique est une mesure clé, non seulement pour assurer leur bien-être et leur santé mentale, mais aussi pour réduire l’impact de la manipulation que le père peut exercer sur eux, en particulier dans les cas où ils sont encore plus ou moins en contact avec lui.

Les enfants peuvent constituer une arme supplémentaire de l’auteur, contre la victime. Cette manipulation est possible, surtout si les enfants ne bénéficient pas d’aide psychologique. Il est possible que cela puisse encourager la violence des enfants envers la mère. Le contrôle de l’agresseur sur la mère peut donc passer par l’intermédiaire des enfants.

  • Nous considérons les enfants comme des victimes directes de la violence sexiste. À ce titre, nous accordons la priorité à leur prise en charge, au même titre qu’à celle de leur mère.
  • Lorsqu’une femme victime de violence sexiste a des enfants mineurs, les agents doivent prendre en compte la sécurité des enfants autant que celle de la femme elle-même.
  • Afin de garantir l’exercice adéquat des droits prévus par la loi, les enfants et les adolescents victimes de violence bénéficient de l’assistance et du soutien des bureaux d’aide aux victimes, qui serviront de mécanisme de coordination pour le reste des ressources et des services de protection des mineurs.
  • L’assistance psychologique aux enfants exposés d’une manière ou d’une autre à la violence fondée sur le genre est régulièrement demandée. Il est de la plus haute importance que les femmes victimes qui vont porter plainte puissent être clairement informées, au moment où elles le font, des services vers lesquels elles peuvent accompagner leurs enfants pour recevoir le soutien nécessaire.
  • En ce qui concerne les mesures de protection, elles devraient être étendues aux enfants de la plaignante, qu’il y ait ou non une ordonnance restrictive. Des questions telles que l’accompagnement à l’école sont régulièrement demandées par les victimes.

À cet égard, il est essentiel que les acteurs prennent pleinement conscience de la violence indirecte et de ses liens profonds avec certaines appréhensions, comme la peur des mères face à la garde conjointe. Il convient donc de rappeler que l’absence de violence directe exercée par le père sur ses enfants ne justifie pas de négliger la mise en place de dispositifs de protection et de soutien adaptés.

En Belgique, les ordonnances restrictives protègentles victimes, notamment les enfants, en éloignantles auteurs de violences. La loi de 2012 sur l’éloignement du domicile permet des mesures immédiates, tandis que les juges peuvent restreindre ou suspendre les droits parentaux en cas de danger. Les enfants bénéficient d’une protection accumulée grâce aux Décrets sur l’Aide à la jeunesse et aux Centres de confiance pour enfants maltraités. Des dispositifs comme le numéro 1712 facilitent les signaux et interventions en cas de maltraitance.

Plus d’infos sur la violence par procuration ici.

Victimes résidantes dans des localités de petite taille et/ou

Principaux enseignements

Comprendre l'expérience des victimes

La VFG implique souvent un traumatisme prolongé. Il est essentiel d'en reconnaître les conséquences émotionnelles et physiques pour pouvoir apporter un soutien et mener une enquête efficaces.

Minimiser les obstacles et le retraumatisme

S'attaquer aux obstacles qui empêchent les victimes de porter plainte et éviter les actions ou les attitudes susceptibles de les traumatiser à nouveau au cours des enquêtes.

Adapter les réponses aux besoins des victimes

Les différents groupes de victimes (mineurs, personnes âgées, migrants, personnes handicapées) ont besoin d'un soutien spécifique. Adaptez votre approche afin de fournir des soins équitables.

Importance de la collaboration

La coopération entre plusieurs partenaires permet aux victimes de bénéficier d'un soutien complet, y compris des services juridiques, sociaux et de santé.

Votre rôle dans l'instauration de la confiance

Une approche respectueuse des victimes favorise la confiance, responsabilise les victimes et améliore les résultats dans les affaires de violence liée au sexe.

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